NEER PROJECT

19/08/2006 - Calypso

Que chaque fleuve s’arrête

Qu’ils flambent ! puisqu’ils promettent tant depuis les phares qui les épient

 

Et il m’était dit :

 

Ce n'est

ni te respirer

ni tendre la main

de t'écouter

 

Monde : où penses-tu m’enf(o)uir ce couteau ?

Je n’ai pour squelette qu’une pensée qui tord mes côtes

Déhanche mes veines comme trouées comme bues sans coupe ni trait

 

Ce n'est

pas tant rugir

de frémir

simplement qui excite nos peaux

 

J'ai ta guerre en moi – gravie par des nuits qui s'allument acides ; et ma larme neuve

 

Où : Parfois je trouve un fléau de pierre duquel je frappe le vide

 

Oh qu'il est léger l'air qui sort de toi !

Qu'il est savoureux dans ton palais !

Je savoure la tendre douleur d'un voyage quand s’abîment mille mers vierges

 

Ce n'est

ni te dénuder

ni grignoter

que te brûler

 

Ce n'est

Pas tant gravir

de parfois espérer

que tu disparaisses sous mon fléau

 

Au matin ces draps tendent sur des visages froissés leur poussière d’yeux clos

Toute la journée en friche mon manque en boule

Datés au dernier contact

 

J'en suis incapable quand je chemine

 

J'en suis incapable

Et

 

Ce n'est

ni ma faute

ni t'avoir rencontré

 

Toujours l'amour sans fin est triste disent-ils les chanteurs

Qui tourne qui tourne le café froid

Qui cherche sa bouche

Qui est un homme sans fond dans ma gorge

 

Mais ce n'est

Pas tant y souffler qui m'est pénible

 

et voir

 

Je me souviens ;

Les souvenirs sales nous gardent

Comme si demain t'appartenais encore

 

Nous nous étions dit cela

Dans un présent composé

Nous nous étions dit – puis tu es brisé dans un silence

 

Cela ; nos fracas ; nous étions là ; un peu peur

... Quelques épines poussent

A l'intérieur ces paumes crachent la fragile des formes humaines

Voilà ; Toutes les caresses

– elles deviennent des écorchures

 

Oh ! Ce n'est

ni de saigner

qui me rend la passion supportable

Ni !

 

Sens tu qu'à force

Nous marchons l'un à l'autre à se perdre de vue

 

Sens tu que j'ai besoin de te manquer

Pour saisir ta silhouette au vol

 

Elle vole ! tu es à sa poursuite

Je vous vois toutes deux au dessus de ma tête

Le ciel des poètes je l'ai fermé

Le ciel que tant ont dessiné s'efface enfin

Oui !

Chante les artifices ; ma vraie

Puissent s'endormir nos nuits, couvées d'une parure sélène

 

Monde ! 

Nos aubes s'éteignent douces comme satellite sans astre

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